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10 conseils pour accueillir le vélo en ville

par Victoria Villain, le 7 mai 2021

7 MIN DE LECTURE

Parmi les mobilités d’avenir, le vélo et le vélo électrique s’imposent comme des solutions de choix pour les villes de toute taille. Efficace, à faible émission et économique, il répond aux problématiques d’inclusion des territoires, de décarbonation et de dynamisation de l’espace urbain.

Voici 10 conseils qui mettront toutes les chances du côté des décideurs et chargés de mobilité pour mener à bien une politique vélo 360°.

Des pistes cyclables optimales

Pour développer la pratique du vélo dans nos villes, des infrastructures spécifiques et sécurisantes sont nécessaires, à commencer par les pistes cyclables.

Mais qu’appelle-t-on une “bonne” piste cyclable ?

Altis, cycliste invétéré et youtuber, s’est fait une spécialité d’analyser la qualité des infrastructures cyclables des villes. 10 critères ont retenu son attention pour évaluer la qualité d’une piste et les comparer entre elles.

Retrouvez sa vidéo complète en fin de première partie.

Une “bonne” piste cyclable est clairement matérialisée sur la chaussée.

En effet, une étude berlinoise menée sur 21000 répondants a montré que, sans piste cyclable, les cyclistes n’étaient que 3% à se sentir en sécurité sur la route. Ils sont 62% dans le cas où la piste est délimitée par un marquage au sol et plus de 90% en présence d’un séparateur physique (pots de fleurs, rambarde de sécurité, sur-élévation de la chaussée…).  

Elle protège les cyclistes des stationnements sauvages et prévoit un espace pour prévenir l’emportiérage.

À Paris, des efforts dans ce sens pourraient éviter une centaine d'accidents du genre par an.

Elle présente une continuité cyclable satisfaisante.

Bon nombre de pistes s’achèvent brutalement sur la chaussée, sans indiquer aux cyclistes où ni comment continuer leur route. La signalisation doit donc être renforcée en fin de piste et leur tracé doit être le plus continu possible.

image d'une piste cyclable à Lyon encombrée
La présence de piques et de signalisations sur la piste nuisent à la sécurité des cyclistes

Ses intersections doivent être sécurisées

Car près de 40% des accidents impliquant des cyclistes se font aux abords d’intersections dangereuses.

Elle prévoit des virages doux.

Les virages trop brusques risquent de déstabiliser les cyclistes. Un tracé harmonieux de la piste est également indispensable pour leur assurer une bonne visibilité et permettre les dépassements en toute sécurité.

Ses abords sont chanfreinés

En cas de surélévation de la piste, le risque de dérapage et de chute est fréquent si le cycliste ne l’aborde pas de front. L'accès à la piste cyclable surélevée doit être permis via des rampes idéalement sans rebord.

Elle n’est pas partagée avec les piétons

Les pistes cyclables qui empiètent ou sont dessinées sur les trottoirs échappent souvent à la vigilance des piétons qui n’ont pas le réflexe de regarder sur les côtés et surveiller leurs arrières avant de se déporter par exemple. Enfin, par principe, le développement des mobilités actives ne doit pas se faire au détriment de la marche.  

Elle doit permettre un espacement suffisant pour le dépassement

Pour permettre aux usagers de se dépasser, il est nécessaire de prévoir au minimum 1,50 mètres de largeur sur une piste unidirectionnelle.

La dimension d’une piste ne doit pas prendre en compte le caniveau  

Véritable piège pour les cyclistes, les caniveaux sont souvent jonchés de feuilles mortes en automne, de bris de verre ou de trous le reste du temps. Autant de dangers pour le cycliste et son vélo qu’il est préférable de lui éviter.

La piste cyclable doit être confortable et visible

À première vue, les pistes repeintes en vert ou en bleu sont une bonne idée pour les rendre visibles de tous les usagers de la route. Mais bien souvent, le revêtement n’est pas adapté aux temps pluvieux, la rendant glissante et dangereuse tout comme les pavés. Un bon éclairage assure également une meilleure visibilité l’hiver ou en pleine nuit.

Quelles sont les pistes cyclables modèles ?

À Paris, la rue de Rivoli et le boulevard Sébastopol bénéficient de pistes cyclables optimales car elles cochent tous les critères de cyclabilité définis ci-dessus. Les bonnes pratiques en la matière peuvent largement trouver leur inspiration chez nos voisins européens avec des pistes cyclables aériennes comme au Danemark, celles fabriquées en matières recyclées aux Pays-Bas ou cette voie cyclable Express en Allemagne.  

10 raisons qui expliquent que certaines pistes cyclables ne sont pas sécurisantes pour les cyclistes

Former la population à la micro mobilité

Former les populations aux bonnes pratiques peut s’avérer payant pour développer l’usage des mobilités douces, mais aussi réduire le nombre d’accidents et les sources de frictions. Qui plus est lorsqu’il s’agit des jeunes générations sans permis.

Julian de Two Roule, une entreprise qui forme les utilisateurs à la conduite de trottinettes, le confirme.

Chez Two Roule, notre objectif est simple : sensibiliser la population à des modes de transports doux et les former à une utilisation responsable. Après deux ans d'exercice le constat nous paraît clair : Les collectivités doivent prendre des initiatives si elles veulent voir leur population avoir recours au vélo ou à la trottinette.

Car en effet, il s’avère que 43% des personnes ignorent l’existence d’une réglementation autour des EDPM, Engin de Déplacement Personnel Motorisé (source baromètre FFA / FPMM 2020 - 2021). Or, 74% des 18-34 ans indiquent vouloir utiliser un EDPM.

Cette formation peut prendre différentes formes comme des sessions de prise en main sur piste avec présence de formateurs, des stands de sensibilisation ou des balades en groupe (une excellente manière de faire découvrir la ville et son patrimoine au passage).

Concernant les jeunes, Two Roule leur dédie des formations autour de trois axes : sensibilisation, prévention et prise en main.

Prévenir c’est guérir, former c’est anticiper.

Thomas Arbogast, co-fondateur de Two Roule

Prévoir les besoins pour un usage du vélo personnel

Selon Aymeric de l’association MDB Île-de-France (Mieux Se Déplacer à Bicyclette), les villes devraient davantage prendre en compte le vélo dans le réaménagement du foncier.

Cela commence par prévoir des emplacements vélo en centre-ville, aux abords des écoles et des stations de transports en commun, mais aussi développer une offre plus complète de services.

On pense par exemple aux kiosques de réparation en libre-service.

Voir grand pour le vélopartage

Le vélopartage, encore en marge dans les petites et moyennes agglomérations, représente pourtant une véritable opportunité de draguer les automobilistes vers le vélo. Il est non seulement un moyen de transport peu coûteux mais il rend également le vélo accessible sans contrainte à l’ensemble de la population.

Plus facile à installer qu’un nouveau réseau de bus ou de train par exemple, il se décline sous plusieurs formes, en location longue et courte durée. Et si le free-floating pose aujourd’hui certaines difficultés dans le partage de l’espace public, il existe aujourd’hui des systèmes de vélopartage hybrides qui incluent des bornes de recharge intelligentes afin de garantir l’ordre sur la voie publique.

Connexion aux transports en commun

Aujourd’hui, 74% des français déclarent se rendre au travail en voiture et il serait faux de penser que ce choix est réalisé de gaîté de cœur.

Tweet d'Altis du Journal de France 2

La voiture, en plus d’engendrer du stress, de sédentariser et de coûter une petite fortune, tant écologique qu’économique, est en général une solution de dernier recours lorsque les transports en commun sont difficiles d’accès ou peu développés.

Pour déclencher le report modal de la voiture vers des modes de transports doux, le passage du bus ou du train au vélo doit être rendu aussi fluide que possible.

La "mobilité du dernier kilomètre” qui désigne la séparation de l’usager en transports en commun de son domicile est un enjeu clé dont les décideurs et les collectivités doivent s’emparer pour développer leur offre de mobilité.

Nous le disions précédemment, installer des emplacements vélo aux abords des gares ferroviaires et routières est une première étape. Dans le cas du vélo en libre-service, les usagers doivent pouvoir trouver facilement un vélo à proximité de leur hub de transport mais aussi pouvoir le stationner à proximité du domicile. De nouveaux modèles de stations légères permettent de mailler un territoire à moindre coût.

La cohésion des offres et la coopération des acteurs de la mobilité avec les collectivités est un réel moyen de décupler l’usage du vélo. Des offres découvertes comme celle de Zoov avec la Carte Jeune Bordeaux Métropole, des abonnements ainsi que des tarifs préférentiels peuvent ainsi être mis en place. La collectivité et l'ensemble des acteurs ont tout à y gagner.

Il manque toujours des centaines de milliers d'emplacements vélo aux abords des gares en Île-de-France pour permettre aux cyclistes de laisser sereinement leur vélo à la gare le matin et le reprendre le soir.

Aymeric Cotard - Chargé de mission chez Mieux se Déplacer à Bicyclette (MDB)

Mettre en avant les aides financières à la pratique du vélo existantes

Pour ferrer les cyclistes à la pratique du vélo sur le long terme, il est important de communiquer largement sur les aides financières à l’échelle municipale, départementale, régionale ou nationale comme le Forfait Mobilités Durables et la prime réparation vélo.

Réseaux sociaux, gazette municipale et newsletters sont des exemples de canaux sur lesquels distiller régulièrement ces informations et leur mise en place pour accompagner les cyclistes.

Proposer une réflexion globale intercommunale autour du vélo

Une discussion avec les territoires environnants permet de faire émerger, non seulement des réponses à des problématiques communes, mais également de mutualiser les forces humaines et financières pour développer une politique vélo d’ampleur cohérente.

Et cela dès la définition du Plan de Mobilité, d’un Plan de Mobilité Simplifié ou lors d’un chantier de rénovation urbaine.

C’est précisément ce qu’a initié la région Île-de-France avec le projet du RER Vélo qui mobilise toutes les communes afin de développer la pratique du vélo, son réseau d’infrastructures et de nouveaux services.

Lancer des consultations citoyennes pour faire émerger des besoins et des idées autour du vélo en ville

À titre d’exemple, la ville de Bordeaux a lancé une grande consultation citoyenne afin de repenser ses infrastructures cyclables. Cette consultation peut prendre différentes formes et supports comme un site internet, un forum, une application, ou un simple formulaire à remplir.

Consulter les associations vélo

“Si l’on sent que le vélo attire de plus en plus l’attention et que certaines collectivités se sont mises à nous consulter, il reste encore beaucoup à faire pour faire entendre notre voix” nous confiait Aymeric.

Les associations sont des partenaires essentiels pour les villes. Elles font remonter les besoins des administrés et sont à la pointe sur tout ce qui se fait de mieux en terme de développement du vélo, notamment chez certains voisins européens.

Récemment, le Collectif Vélo IDF a initié une grande campagne pour mobiliser les citoyens autour du vélo, soutenu par MDB IDF et ses 60 antennes régionales. Il est intéressant de pouvoir les consulter, notamment pour définir son projet vélo ou rénover certains axes cyclables.

Investir dans un système de vélopartage durable et efficace pour sa ville

Si les opérateurs de micro mobilité privés sont une solution, les villes de toute taille ne doivent plus avoir peur de s’emparer de la question de la mobilité en visant plus haut dans leurs exigences, avec un service à leur image qui s’adapte à leurs besoins spécifiques.

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